Rodéo
Mais si tu fais ça, ils vont s’en rendre compte, c’est obligé. Et te mettre au placard, t’es foutu.
Tu parles ! Qui osera me placarder ? Ceux qui m’ont choisi parce que je décore vaillamment leurs galons de pacotille ? Ceux qui m’aiment bien, comme un vieux doudou qui a toujours été un peu là, à câliner ? Ceux qui ont imaginé que je leur serais soumis, que je leur serais dévoué ? Que je leur essuierais les bottes, comme ça, avant qu’ils n’entrent en scène ?
Suceurs de sang. Fous. Minuscules tout-puissants. Ils ne savent ni me prendre en mesure ni me donner à mesure. Ne pensent qu’à flatter mes courbes et me lamper goulument.

Mais c’est moi l’immortel, mes lapins. C’est moi qui vous suçe et vous aspire de l’intérieur. Et quand je coule, onde insolente… Vous n’entendez donc pas comme je suis gorgé des plaintes de toutes les nuits ? Je ne joue pas ; vous avez perdu, c’est tout vu.
J’en ai coulé par tonneaux des comme vous. Des petits cons, des grands cons, de sombres sottes. Car le saviez-vous, je suis le plus malin, et de loin. C’est écrit sur ma bouteille.
