She wore her heart on her sleeve cause she’d found it there
Source : SoundCloud / Patrick Zopff
She wore her heart on her sleeve cause she’d found it there
Source : SoundCloud / Patrick Zopff
Sous l’étendard de la culpabilité, tu as péché, repends-toi, tu seras pardonné (si Dieu le veut, Inchallah au bout du tunnel-à-la-lumière, rendons grâce, le paradis est à portée de cilice).
Sous celui de l’émancipation et des banderoles mal branlées des gourous du développement personnel, tu t’es trompé, reprends-toi, pardonne-toi, que veux-tu, qu’en fais-tu, allonge-toi, raconte-toi, assume-toi (Ha haaan, dit-il, encaissant 50, 75, 100 euros pour aller foutre en l’air ses propres gosses).
Après quoi ? Bancal, tu vas te coucher et au matin, c’est juste un matin avant la mort. Tu ne sais toujours rien, mais c’est toujours la guerre.
La semaine dernière, j’ai écrit un petit papier directement sur Tumblr.
Ce n’est pas du tout dans mes habitudes. La plupart du temps j’écris d’abord ailleurs, le plus souvent à l’endroit où tombe ma main. Dans les notes de mon téléphone, au dos des listes de courses, sur ma main, sur ta peau ou dans un carnet à spirale. Après parfois je publie ici. Quand je retrouve ce que j’ai écrit. Quand la liste de courses n’est pas restée dans le fond du caddie. Quand j’ai envie de partager ces petits mots comme je jetterais une bouteille à ma mère.
Par inconscience ou superstition. A un moment. Et Dieu sait que je vous épargne.
Mais la semaine dernière j’ai fait autrement. Il y avait urgence dans mon emploi du temps et dans ma tête, j’ai écrit d’un trait directement ici. Et puis à la fin, j’ai voulu rajouter une chanson. De Renaud. Et puis j’ai trop vite copié-collé et soudain, il n’y avait plus que la chanson de Renaud, plus aucun de mes mots.
Ça n’a rien de grave, mais ça me travaille, ça me chiffonne, ça m’embête, ça me questionne et ça me gratte. Car à peine quelques jours plus tard, je ne retrouve pas le fil de ce que j’ai écrit. Aucun souvenir des phrases, du temps passé, de l’émotion qui me mouvait ce jour-là, ces temps-ci, du fil-même de ma pensée.
J’ai perdu mon chemin. Je me contre-fous éperdument de ce texte, mais qu’en est-il de la vie ?
Ce qu’on ne (se) raconte pas n’existe plus. N’a même jamais existé.
Pire : on croit volontiers que ça n’a bel et bien jamais existé.
Alors que si.

Mad world
Source : SoundCloud / beograd
Ah ah oui ! Les souvenirs aussi, comme le reste se payent, et non, c’est vrai, ils ne sont pas bon marché.
C’est la loi du genre… Un viager sur la vie entière, ne crois pas crever le vieux, il est plus solide que tes petites forces, à toi solidaires.
Avare de vie, passe ton chemin, le temps qui reste n’est pas dans tes moyens. Chouchoute ta tirelire de menue monnaie, laisse-nous le reste du monde.
Je suis morte un soir de juillet au tout début d’un siècle qui n’a connu ni la java ni le pasodoble.
Je suis morte un soir où il ne faisait pas beau. J’aurais préféré faire ça sous le soleil, la peau tannée dans le mistral ou tiens, follement jambes en l’air et jupons retroussés au beau milieu d’une guinguette de nuit.

Les dernières pages de mon carnet de bal resteront vierges, car je suis morte veuve, vieille, loin de chez moi et en emmerdant le monde.
J’ai vécu très longtemps et très mal. A côté de l’essentiel et cruelle par inadvertance. J’ai aimé les gens sans y penser et sans leur dire. Nature, inconséquente, j’ai toujours été trop bête, qu’y pouvais-je Dieu de Dieu ?
Pourtant je crois bien que je les aimais. Surtout la petite, elle était tellement jolie et maline. Enfin quoi j’ai pas fait exprès de ne pas lui dire… La vie est passée, c’est tout, elle aurait pas dû m’en vouloir et me crier dessus tout le temps pour si peu. C’est aussi pour ça que je la faisais taire.
Moi j’étais pas en colère. J’ai toujours su m’occuper à ne pas l’être et à rigoler. J’ai dansé, souri, joué, chanté, aimé sans le dire donc, sans même le savoir le plus souvent. Je ne savais pas que c’était important tout ça. Je ne savais pas que taire ses amoures les transformait en sorcières mangeuses d’âme. Moi je pensais que tout ce qu’on fait passer n’existe pas. Comme les soucis, les enfants qu’on ne veut pas garder et tout ce qu’on ne comprend pas.
Mais me suis-je plainte moi, qu’on ne me dise jamais je t’aime ? Cela m’a-t-il empêché de vivre si longtemps et si gaie ? Travailler dur, conduire de belles autos, jouer aux cartes et faire l’amour ça remplit déjà bien une vie, pas besoin d’en parler par dessus le marché.
Nul besoin d’épiloguer va, je suis morte un soir de juillet, n’en parlons plus.
Combien de fois faudra-t-il fermer la porte pour qu’elle reste enfin close ?
Tu sais, celle que tu refermes avec prudence après t’y être cognée violemment le petit orteil sans y prêter garde. Le tout petit orteil. Celui qui n’a rien demandé à personne et ne fait jamais le beau, mais qui hurle en bleu du fond de sa bottine bon genre.
Combien de tours de clefs faudra-t-il y mettre pour qu’elle fasse enfin son job de porte ? Vigile balaise et bien payé qui empêche de rentrer, c’est si compliqué ?
Des tours de clefs. Mais si ! Tu sais ! Ces clefs qui ne sont rien que les tiennes, et qui ne te permettent ni d’entrer chez le voisin par erreur, curiosité ou fausse bienveillance, ni de te faire piller tes minuscules, dérisoires et pourtant précieux trésors.
Combien d’œilletons en plus faudra-t-il faire installer pour enfin faire confiance à ton premier coup d’œil et à ton instinct de chien de garde au lieu d’ouvrir aux loups enfarinés ?
Petit moineau fragile et bien trop occupé à regarder ton aile abîmée : mon œil collé à mon œilleton, tu ne rentreras plus, je ne dorlote plus les infâmes.
Serrurier, beau métier. Concentre-toi.

Oui, il existe des dyslexiques des sentiments. De ceux qui utilisent un verbe pour un autre, un adverbe en périphrase, un silence contre une insulte, une blague sans profondeur. Échec, échec, échec et mat.
Perdus, condamnés et atrophiés de la déclaration éphémère, ils errent de litote en litote, se privant ce faisant du sucre sans fondement qui fait pourtant les petits bonheurs.
Car l’honneur, la morale et l’avenir raide de ces gens-là les privent de la joie des mots et des élans enfantins du coeur. L’âme bègue, mais sans fond, ils ne cherchent plus rien, soumis à leur liberté comme on s’adonne à Lucifer.
Résignés ? Inconfiants, malhabiles et pas très doués. Aucune voyelle, aucune consonne n’ont plus aucun secret, mais la vie elle, est une autre paire de mots.
Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux.
Il fait un peu froid : c’est à cause de la sueur.
Pas trop froid, juste ce qu’il faut pour être agréable. On dirait le frisson de l’adolescence. Celui d’après les entraînements et les assouplissements, celui d’après la compétition, les adducteurs qui tirent et les pirouettes ou les placages qui tournent la tête. Presque la même chair de poule que celle d’après les concours, les disputes à la mort, les envolées mystiques ou l’amour pressé. L’adolescence où la rigueur, la volonté et la justice suffisaient encore ; bienheureuse, la fierté en cape, celle qui parvenait à se décharger à coups de coeur qui pompe, d’adrénaline qui grimpe, de pieds qui battent ou de blessures qui blessent. Celle surtout des rêves d’amour qui épuise et d’infini infini.
C’est juste le relâchement après le contrôle, quand seule la sueur tiédie ne perle plus mais sonne la fin de l’effort, les épaules lâches, la redescente du col et puis le calme. On dirait presque le bonheur. C’est juste la fatigue du corps.
Protège-moi
Protège-toi de moi
Protège-moi du monde
Protège-toi des assauts,
Des soubresauts et des sots
Protège ta sincérité et ta foi
Protège les tiens
La nuit
Source : SoundCloud / Komalacaza
Je n’ai jamais compté les moutons.
J’ai beaucoup compté d’arbres en revanche. Des bouleaux, des platanes, des marronniers, des chênes, des pins (beaucoup de pins).
Beaucoup de routes.
La tête à moitié renversée sur le carreau droit de la voiture qui blinde, le rêve à la renverse tout autant, le sommeil en latence mais le corps assez souvent mal calé finalement. La FM en bande son.
Des arbres de jour qui filent à toute allure, attirants, rassurants, fuyants, souples… paternels ; des arbres de nuits, inquiétants, frissonnants, obsédants, mutants, dont l’écorce émeut dans le noir, écorche l’âme, pas l’oeil.
Et au milieu un clocher, une ferme, un ruisseau, un dahu.
Très peu de moutons finalement. Trop de FM. Beaucoup de dahus.
On va reprendre la route. L’eau fraîche du ruisseau. A bras le corps, mon arbre. Et la FM.
Le Non : Oui d’accord (de soumission), Oui promis (d’inconscience), Wendy bénie oui-oui chez Peter-Pan, Oui des RP, des faibles, des félons, des idiots amoureux, des recouseurs de boutons. Oui des promesses pas tenues, des gentillesses, Oui facile, Oui trompeur, mais Oui, tu bandes, laisse-moi tranquille contre un Oui. Ah non vraiment, laisse-moi rire, cynique, critiquer, juger et m’insurger. M’insurger surtout : je suis vivant.
Le Oui : Non grognon, faux insensible, caractère de cochon, tu m’angoisses, tu me fais rire, tu ne tournes pas rond, tu as mal et tu sais quoi ? Ça se voit mon pauvre… Non, qu’as-tu construit ? Qu’as-tu créé, qu’as-tu seulement espéré une seule fois ? Qui n’as-tu pas laissé rêver à côté de la plaque par tes Non qui sonnent tellement faux, mon chéri, mon autre moi, mon menteur à moi ?
Le Non : J’ai suscité des révolutions, élevé des enfants, violé des principes, grandi l’amour. J’ai aussi materné la mauvaise humeur, la colère, la frustration, les voyages et le changement. JE suis le moteur. Tu ne fais que suivre et te conformer. Tu accuses réception des désirs de ceux qui te veulent déjà. Belle affaire. Ah ah, ballot, sombre optimiste, idiot, mon pauvre chéri, pute.
Le Oui : Je donne confiance. J’inspire, j’espère, je romantise et j’optimise. Qui croit en toi ? JE suis la foi, le paradis, la miséricorde, la tendresse, le don de soi. De moi. Le couple, la belle image, la promesse pour toujours. Jamais Peter Pan n’a choisi Clochette pénible, femme à ailes, poudrée et libre. Et Oui, je soutiens et je porte. Non, tu brises, tu heurtes et tu vilipendes. Ça ne mène à rien, tu es juste contre.
Le Non : Oui. Je suis tout contre. Lové tout contre toi, mon autre moi.
Le bonheur
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The Seashell and the Clergyman (La coquille et le clergyman) 1928
Joli album que je découvre progressivement.
Cette chanson-ci me fait penser aux duos vénéneux de Nick Cave et PJ Harvey ou Kylie Minogue. Oui,...
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